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Le plan d'anti-cybercriminalité de MAM (bientôt) sur les écrans : Ca va cliquer droit sur le net !

Publié le 22/02/2008 à 15h33
Auteur : LEELOO74

    "So much trouuuble in the..." Internet, ou du moins c'est ce que constate Michèle ALLIOT-MARIE (Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales), bien décidée à combattre l'ennemi héréditaire qu'est la cybercriminalité sur le net, par le biais de la mise en place d'un plan qui s'inscrit directement dans la lignée de la loi LOPSI (Loi d'Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure, qui, grosso modo, peut permettre dans certaines circonstances bien particulières, d'autoriser une autorité compétente à recueillir toutes données informatiques lorsque les circonstances l'exigent.) !



    En effet, c'est en date du 14 Février que la MAM (Michèle ALLIOT-MARIE) a présenté son plan de lutte contre la cybercriminalité, axé sur deux grand points :

  • D'une part, l'utilisation à des fins frauduleuses de la toile en elle-même, avec des attaques (malheureusement devenues monnaies courantes) visant à malmener la sécurité de sites Web (phishing, piratage etc...) ;
  • D'autre part, l'utilisation des moyens d'expressions de la toile pour répandre des pensées / propos contraire à l'éthique moral ou la loi, tels que la pédopornographie, le racisme / l'antisémitisme, l'atteinte à la vie privée ou encore la diffusion de modes d'emploi d'explosifs.


    Dès lors, comme dirait un illustre personnage de cinéma, pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre et pour cela, toute une panoplie d'actions sera mise en place pour parfaire les connaissances des autorités compétentes, en matière de cybercriminalité :

  • Premièrement, via une artillerie "statisticienne", avec des logiciels évaluant l'étendue des "dégâts", notamment d'ARDOISE (qui est un logiciel utilisé principalement par la Police Nationale et qui collecte, analyse et évalue les données en terme de cybercriminalité) ;

  • Deuxièmement, par le biais d'une implication active (en plus des autorités locales telles que la police ou la gendarmerie) des FAI (Fournisseurs d'Accès à Internet) et même au-delà, avec les hébergeurs de site, les opérateurs, les associations d'utilisateurs, dont les familles. De plus, une commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne serait également à l'ordre du jour et réunirait des partenaires tels que les pouvoirs publics, les opérateurs et les associations d'usagers ; Ceux-ci devront juger de la sécurité du contenu des sites Web (des testeurs en quelque sorte) pour tout publics (adultes et enfants confondus) et pourront mettre, comme pour les poulets, des labels qui attesteront que le site en question est éthique et moral ;


    Bref, la Ministre de l'Interieur se veut efficace et ferme, en améliorant les moyens informatiques mis en œuvre contre la cybercriminalité mais, aussi, en impliquant davantage les acteurs qui gravitent autour de la toile...Encore faut-il que la loi française soit modulée en conséquence et, justement, c'est ce à quoi s'attèle ce plan anti-cybercriminalité :

  • Tout d'abord, avec la géolocalisation des utilisateurs d'Internet, en essayant d'intégrer de façon permanente la loi anti-terrorisme (datant de 2006), permettant, alors, de conserver les informations relatives à la connexion d'un internaute pendant un an, par l'entremise des FAI ou encore des cybercafés (sous conditions spécifiques qui seront développées dans un décret, selon l'acteur concerné). Par ailleurs, la loi LOPSI sera également de la partie (rappelez-vous, comme expliqué un peu plus haut, cette dernière vise à collecter des données informatiques lorsque les circonstances l'exigent, comme la lutte contre la pédophilie par exemple), via la captation de données en temps réel ;

  • Ensuite, avec un renforcement des peines déjà existantes pour ce type d'acte : concernant l'usurpation d'identité, MAM se veut ferme, en souhaitant élever cet acte malveillant au rang de délit, pour une peine équivalente à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Et, concernant le piratage, elle se veut (étonnamment) moins dure : "je proposerai la création de peines alternatives de travaux d'intérêt général pour les "hackers" condamnés. Ainsi, leurs réelles compétences en la matière pourront être nettement mieux utilisées au service de la collectivité"...On se serait attendue au contraire, avec une peine "lourde" pour les pirates, à contrario d'une peine moins "excessive" pour les usurpateurs d'identité mais peut-être que les TIG (Travaux d'Interet Général) seront encore plus "marquants" pour des pirates qui sont, en général, plus agile de leur doigts que de leur masse musculaire) ;

  • Enfin, avec l'amélioration de la coopération internationale, sous forme de traités internationaux (puisque, pour information, la loi pour la sécurité intérieure datant de 2003 ne permet pas à des autorités françaises d'effectuer une perquisition "informatique" hors du pays, comme par exemple des images à caractère sexuelle stockées par une tierce personne sur un hébergeur étranger) qui seront à l'ordre du jour lors de la présidence française de l'Union Européenne...Ce point semble tout à fait louable à l'heure où l'usage d'Internet ne connait pratiquement plus de frontières, avec une expansion toujours plus intensive du fameux concept Web 2.0 (ou appelé parfois le "Web social"), via la création de blogs, de chaines personnelles et du coup, c'est autant de moyens de communications "dynamiques" qui permettent, alors, à certaines personnes de laisser libre court au "côté obscur" qui les anime.


    Bref, là aussi Michèle ALLIOT-MARIE ne veut plus laisser de place à la tendresse en essayant de mettre à jour la législation française, face à une expansion du Web (et des outils, applications liés à celui-ci) toujours plus grande...Alors, après la mise à niveau des connaissances des "anti-cybercriminels" et de la loi française, c'est au tour de l'organisation humaine et technique de passer à la moulinette Gouvernementale :

  • En premier lieu, par le biais de la mutualisation entre policiers et gendarmes, en ajoutant, au sein de l'Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication, un groupe qui aura la principale fonction de traquer les cybercriminels sur la toile ;

  • En second lieu, par le biais de la formation, en doublant le nombre de personnes chargées d'enquêter sur les "méfaits nettiens" ;

  • En dernier lieu, par le biais de l'amélioration du signalement des sites illicites, en créant un site à teneur informative et préventive pour parfaire les connaissances des surfeurs du Web dont ces derniers pourront signaler tout comportement douteux (en temps réel) à l'autorité compétente (police, gendarmerie) au travers d'une plate-forme qui sera mise en place dans le courant de cette année ; L'information sera ensuite transmise (si l'acte est jugé comme répréhensible) à l'autorité judiciaire qui traitera l'information en conséquence.


    Voilà, inutile d'ébaucher une conclusion approfondie puisque le plan anti-cybercriminels de Michèle ALLIOT-MARIE est tout à fait explicite. Toutefois, ce son de cloche n'est pas sans rappeler celui d'un autre (ancien) Ministre de l'Interieur qui depuis, est devenu Président de la République : Monsieur Nicolas Sarkozy qui avait, souvenez-vous, déjà envoyé les prémices de cette lutte inter-nettienne avec sa mission contre le téléchargement illégal.

    Dès lors, en toute logique, les utilisateurs (avertis ou non, peu importe) d'Internet que nous sommes devraient être ravis de voir autant de dispositifs mis en œuvre mais, en toute conscience, on peut rester dubitatif quant à un point qui semble s'être évaporé comme neige au soleil : le respect de la vie privée de la personne avec un Web qui se doit d'être autant équitable que le monde dans lequel nous vivons, même si, malheureusement, cela tend à être le contraire, avec, souvenez-vous la Cour d'État qui avait infirmé le jugement d'Octobre 2005 (opposant la CNIL face à des acteurs de l'industrie de la musique (entre-autre), relatif à la veille des données informatiques des utilisateurs...Et, d'ailleurs, voici que l'affaire semble ressurgir "d'outre-toile", avec un projet de loi qui (si ce dernier était approuvé par vote) appliquerait le point de géolocalisation des utilisateurs décrit un peu plus haut dans cette présente news (obligation de garder les données informatiques des utilisateurs, par les FAI par exemple, et ce, pendant un an).

    Ainsi, tout est question à polémique et il semblerait superflu de rajouter quelques lignes pour débattre de ce sujet : chacun peut se faire sa propre idée et ça (!) c'est une liberté qu'aucune loi, finalement, ne pourra entraver...A méditer !

Pour plus d'information, le communiqué du 14 Février de MAM, Ministre de l'Intérieur, sur son site officiel >>>>> interieur.gouv.fr


Source : Article du 15 Février, écrit par Marc Rees du site pcinpact.com


 

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