Pendant les débats à l’Assemblée nationale, les députés de gauche ont souvent parlé d’un taux possible d’environ 33% d’erreurs ! Comme dit dans la page précédente, vous pourrez sûrement être victime d’erreurs. En théorie, elles sont au nombre de trois
Votre voisin a téléchargé du contenu sur votre connexion. C’est une erreur dans le sens commun (vu que ce n’est pas vous qui avez téléchargé), mais l’accusation est juste au sens de la loi vu que ce n’est pas votre ordinateur mais votre connexion qui sera mise en cause.
L’agent assermenté chargé de relever les adresses IP et de dresser le procès-verbal s’est trompé. Leurs méthodes de saisie sont totalement obscures donc il n’y a aucun moyen de savoir si oui ou non leurs logiciels génèrent beaucoup d’erreurs ou non.
Un tracker BitTorrent (site de liens BitTorrent) a utilisé votre adresse pour noyer celles de vrais téléchargeurs sur leur réseau. Vous n’avez aucun moyen de le savoir ni de le contrer, à part quand vous serez prévenu par l’Hadopi d’un téléchargement.
Quelqu’un de doué en informatique a usurpé votre adresse IP pour vous faire accuser. Utopique ? Pas tellement, certaines expériences ont été concluantes à ce sujet. Il faudra tout de même qu’il soit très doué pour cela et qu’il vous en veuille, beaucoup.
Ce sont les erreurs les plus évidentes que pourra faire l’Hadopi, celles liées aux preuves elles-mêmes. Il reste les erreurs liées au traitement que l’Hadopi fera de ces informations et des nouveaux risques qui n’apparaitront qu’au moment de l’adoption de la loi, même s’ils ne seront normalement pas aussi graves.
Les contournements
C’est à ce moment que l’article devient drôle (si, avant il était lourd, avouez-le). Enumérons tous les contournements déjà en place ou annoncés à cette loi qui garantissent théoriquement un anonymat total aux internautes.
Les sites de téléchargement direct. Les nouveaux chouchous du Web, ce sont des sites qui répertorient des liens vers des contenus protégés hébergés sur des services spécialisés dans l’hébergement (comme Rapidshare ou Megaupload) situés à l’étranger. Souvent des blogs hébergés sur des plateformes comme Overblog ou Blogger, ces catalogues de contenu sont difficiles à bloquer : ils garantissent l’anonymat de leurs visiteurs et n’hébergent pas eux-mêmes les contenus. Les plateformes organisent une chasse aux sorcières de ces sites qui perdurent et prospèrent tout de même.
Les serveurs FTP entre amis. Cette pratique est la plus discrète qui soit : quelqu’un monte un serveur FTP sur son ordinateur et n’en prévient l’existence qu’à des amis de confiance. Ici encore l’anonymat est total et la convivialité aussi. Ca reste très marginal mais assez éloquent, techniquement.
Les réseaux privés (VPN). The Pirate Bay compte bien lancer son IPREDator pour 5€ par mois, et des initiatives similaires naissent un peu partout sur le Net. Un réseau privé, c’est un réseau qui fera filtre entre Internet et votre ordinateur, si bien que ce ne sera pas votre adresse IP qui apparaitra mais celle du réseau privé ; l’anonymat est ici total, ces réseaux privés ayant pour base de ne pas délivrer le nom de leurs utilisateurs. A noter que ces réseaux sont tout à fait légaux, vu qu’ils n’ont aucun but particulier.
Les proxys. Sur le même principe que les réseaux privés, ils garantissent l’anonymat de leurs utilisateurs.
Les réseaux de partage anonymes. Ce sont des réseaux P2P qui n’indiquent aucune information aux clients sur les personnes en face. L’intérêt technique est là, l’intérêt pratique l’est moins : ils sont souvent le repaire de contenus assez malveillants.
Ces moyens sont plus ou moins pratiques et plus ou moins connus. L’une des missions de l’Hadopi sera de garantir une veille des nouvelles pratiques de téléchargement et d’adapter ses détections et actions vers ces nouveaux vecteurs de contenus. Une tâche d’une ampleur démesurée pour une haute autorité de sept personnes.